Quelle relation entre l’alcool et l’hypertension artérielle ?

On a longtemps cru à une relation linéaire entre la consommation d’alcool et l’hypertension artérielle. Mais des études cliniques concordantes ont démontré que l’impact de l’alcool sur la tension artérielle était plus nuancé. Lorsque l’on sait que l’hypertension artérielle est un véritable problème de santé publique en France, et que l’on sait également que l’alcool fait partie des habitudes de consommation du Français moyen, on mesure l’importance de comprendre le lien entre l’alcool et l’HTA.

HTA et alcool : le plafond des trois verres par jour

Une consommation excessive d’alcool peut faire monter la tension artérielle au-dessus des constantes physiologiques sur le long terme. Prendre plus de trois verres de manière simultanée augmente temporairement votre tension artérielle. En consommant plus de trois verres quotidiennement sur de nombreuses années, vous vous exposez davantage à la pré-hypertension puis à l’hypertension artérielle, avec tout ce que cela implique en risque accru de subir une attaque cardiaque ou une autre maladie cardiovasculaire. Mais l’alcool n’est pas toujours nocif à ce niveau. En effet, une consommation modérée peut au contraire vous permettre de baisser votre tension artérielle.

La consommation modérée d’alcool réduit la tension artérielle

De nombreuses études cliniques ont été réalisées, notamment aux Etats-Unis et en Australie, pour confirmer ou infirmer l’impact de la consommation d’alcool sur la pression exercée par le sang sur les parois des artères du corps humain. On apprend ainsi que les grands buveurs qui réduisent leur consommation d’alcool à une consommation modérée peuvent abaisser leur tension artérielle systolique (le chiffre le plus élevé d’une lecture de tension artérielle) de 2 à 4 millimètres de mercure (mm Hg) et leur tension artérielle diastolique (le chiffre le plus bas d’une lecture de tension artérielle) de 1 à 2 mm Hg, ce qui est généralement suffisant pour retrouver la valeur physiologique. Les grands buveurs qui veulent abaisser leur tension artérielle devraient réduire lentement la quantité d’alcool ingérée pendant une à deux semaines pour éviter les symptômes du sevrage. Il faut savoir que les grands buveurs qui arrêtent soudainement de boire risquent de développer une hypertension artérielle grave pendant plusieurs jours. Si vous souffrez d’hypertension artérielle, évitez l’alcool ou buvez de l’alcool avec modération. Mais qu’est-ce qu’une consommation modérée ?

  • Deux verres par jour pour les hommes de moins de 65 ans ;
  • Un verre par jour pour les hommes de 65 ans et plus ;
  • Un verre par jour pour les femmes de tout âge.

Un « verre » fait référence à un volume de 355 millilitres de bière, de 148 millilitres de vin ou de 44 millilitres de spiritueux distillés à 80°. Pour mettre en évidence les changements dans la pression artérielle avant et après la baisse de la consommation d’alcool, on vous conseille d’acheter un tensiomètre pour particuliers.

L’alcool et la HTA : la question du poids sain

L’hypertension artérielle est également causée par un manque d’exercice physique et par l’embonpoint et l’obésité. N’oubliez pas que l’alcool contient des calories et peut contribuer à un gain de poids non désiré. Il peut donc agir à la fois directement et indirectement sur la pression artérielle. De plus, l’alcool peut nuire à l’efficacité et augmenter les effets secondaires de certains médicaments contre l’hypertension artérielle. Aucune étude sérieuse n’a étudié la chose, mais il n’est pas écarté que la grande consommation d’alcool en France soit une cause indirecte de la grande prévalence de l’hypertension artérielle dans le pays. En effet, un adulte français sur trois est atteint d’hypertension artérielle, et cette prévalence n’a pas baissé depuis 2006. En parallèle, 10% de Français boivent tous les jours selon la dernière étude de Santé Publique France. L’alcool est même la seconde cause de mortalité en France après le tabac, avec quelque 41 000 personnes décédées par an pour des causes diverses : 16 000 personnes meurent à la suite de cancers causés directement par l’alcool, près 10 000 décès sont enregistrés à cause de maladies cardiovasculaires causées par l’alcool, 6800 décès interviennent suite à des maladies digestives et 5400 décès sont dus à une cause externe comme un accident de la route ou un suicide.